Qui es-tu Quique Setién ?

Le lundi 13 janvier 2020 fera date dans l’histoire du FC Barcelone. Pour la première fois depuis 2003, le Barça a licencié son entraîneur, en l’occurrence Ernesto Valverde. Après 2 ans et demi sur le banc barcelonais, le Basque a payé son management trop mou et sa tactique trop éloignée des standards blaugranes.

Pour le remplacer, le club a choisi Enrique Setién, dit Quique Setién. Mais que vaut réellement cet entraîneur ? Nous avons préparé pour vous un retour sur ses expériences passées ainsi qu’une présentation du nouveau technicien cúle.

Des débuts encourageants

Quique Setién est un vieux briscard du foot espagnol. Même s’il n’a fait parler de lui que très récemment, Setién est entraîneur depuis 2001. 

Sa carrière d’entraîneur commence au Racing Santander, son club de cœur. Le club vient alors de redescendre en Segunda División et, est au bord d’une nouvelle relégation en Segunda Division B, la 3ème division espagnole.

Arrivé en cours de saison, le néo-entraîneur parvient à inverser la tendance en tirant le meilleur de nombreux joueurs. L’équipe revient alors en Liga à la fin de la saison à la surprise générale.

Setién restera un an de plus à la tête de l’équipe, qui finira seizième de Liga en 2003. 

Plusieurs expériences compliquées

Les expériences qui suivent sont bien plus compliquées : Quique est renvoyé du Polideportivo Ejido et du C.D. Logroñés à cause de mauvais résultats (2 victoires en 15 matchs au Polideportivo en 2003/2004 et 2 victoires en 11 parties à Logroñes en 2007/2008). Il passe également très brièvement sur le banc de la Guinée Équatoriale (un seul match dirigé avec à la clé une défaite 3-0 contre le Cameroun). 

À noter que les deux clubs cités ont disparu et que Setién n’a pu disputer qu’un seul match à la tête de la Guinée en raison d’une fédération instable.

C’est en 2009 que Setién commence à devenir plus régulier. Il signe alors au C.D. Lugo, club qu’il emmènera en Segunda División au bout de sa seconde saison au club. Il continuera à montrer de belles choses, malgré quelques trous d’air par moments. Son équipe gagne d’ailleurs le surnom prémonitoire de « Barça de deuxième division ».

Setién en Liga

En 2015, Quique franchit encore une étape en signant à Las Palmas, en Liga. Il sauve le club de la relégation avec une honorable 11ème place. Il reçoit même le prix de meilleur entraîneur de Liga du mois en mars 2016. Un prix qu’il recevra une nouvelle fois en août 2016, au commencement d’une saison où Las Palmas finira 14ème de Liga.

Une saison irrégulière pour l’équipe des Îles Canaries, qui débutera fort en championnat (1er après la seconde journée, 3ème après la 4ème ) mais finira très mal avec 4 points pris sur les 10 dernières journées. 

En 2017, Setién rejoint le Real Betis. Pour sa première saison, le Betis se classe 6ème de Liga après avoir fini 2016/2017 en quinzième position.

La saison 2018/2019 est également très intéressante : le Betis dispute la Ligue Europa. Los Verdiblancos finissent premier de leur groupe mais sont éliminés en 16ème de finale par une belle équipe de Rennes. Les sévillans atteignent aussi les demi-finales de Copa del Rey, avant d’y être éliminés par Valence qui remportera finalement la compétition face au Barça en finale.

Le Real Betis finira dixième de Liga et Setién quittera le club d’un accord commun avec la direction à la fin de la saison.

Ses faits d’armes

Quique Setién est le dernier entraîneur à avoir gagné au Camp Nou en tant qu’adversaire. C’était le 11 novembre 2018 et le Bétis donnait une leçon de football au Barça d’Ernesto Valverde (3-4). 

Le tout 1 an après avoir déjà gagné au Bernabéu (0-1 le 20 septembre 2017) dans les derniers instants du match. 

Ce qui fait de lui le seul entraîneur à avoir gagné au Camp Nou et au Bernabéu dans les 10 dernières années.

Quique a aussi transformé Las Palmas et le Betis en équipes appréciées par les amateurs de football durant son passage, alors qu’elles n’étaient pas forcément réputées pour leur beau jeu à la base. Il en a aussi profité pour faire émerger de réels talents comme Fabián Ruiz au Real Betis.

Le prochain fait d’arme de Setién sera-t-il d’avoir su imposer sa patte au Barça ? 

C’est après 19 ans de carrière d’entraîneur que Setién connaît son premier club à dimension mondiale. 

Après avoir franchi les étapes patiemment dans le monde du football, Quique Setién fait son entrée dans la cour la plus grande : celle des grands clubs et de l’Europe.

La philosophie de Setién

Quique est un adorateur du football prôné par le Barça. Il avoue même avoir compris « comment les choses fonctionnaient » en regardant le Barça de Cruyff. 

4-1-4-1, 3-5-2, le tacticien n’a jamais hésité à être original dans ses compositions. Au Barça, il devra cependant s’adapter au 4-3-3 qu’on ne présente plus.

Setién aime la possession, c’est le moins qu’on puisse dire. Son but est que ses joueurs gardent le ballon dans les pieds intelligemment.

Selon lui, les joueurs doivent comprendre comment utiliser les espaces pour recevoir le ballon dans les meilleures conditions possibles. Nul doute qu’avec Messi, Griezmann, De Jong ou encore Busquets, cette consigne pourra être respectée sans trop de difficulté.

Le jeu de position, Setién en est un grand adepte. Il le compare même au jeu d’échec, auquel il s’adonne pendant son temps libre.

L’ancien de Las Palmas et du Betis est aussi proche de ses joueurs. Cependant, il a affirmé en conférence de presse qu’il n’aura pas de relation privilégiée avec quelconque membre du vestiaire.

« Messi est Messi, Busquets est Busquets, Piqué est Piqué, ma relation avec eux sera certainement extraordinaire mais chacun doit rester à sa place. Je suis direct, quand je vois une chose à corriger, j’essaierai de convaincre pour travailler. »

Il aura donc l’opportunité d’en tirer le meilleur sur le plan individuel. Cela sera important au moment de devoir faire respecter ses consignes à la lettre.

Quique Setién va donc proposer un football offensif. Il l’a assumé lors de sa présentation en rappelant que toutes ses équipes avaient bien joué.

Cette confiance affichée peut nous donner beaucoup d’espoir. Il ne faut pas oublier pour autant que l’aspect défensif pourra en pâtir et en pâtira certainement.

Ce sera là l’un des problèmes auxquels devra faire face Setién, notamment au moment de gérer les contre-attaques adverses.

Cela n’empêchera pas notre nouvel entraîneur de rester fidèle à sa philosophie, quitte à mourir avec. Durant ses années à Las Palmas, Quique a pu générer des conflits parmi des joueurs qui avaient été ravis d’appliquer ses idées, mais qui ne supportaient plus son dogmatisme.

Setién est bien un « cruyffiste » pur et dur.

Alors, ça va marcher ?

Setién est adoubé par tous ceux qui ont connu l’époque « tiki-taka ». 

Xavi avait décrit en 2018 son jeu comme « adapté à ce qu’est le Barça ».

Marc Bartra, sous ses ordres au Bétis, raconte ses entraînements à El Pais, en évoquant la proximité avec ce qu’il a vécu sous Guardiola et Luis Enrique lorsqu’il évoluait au Barça.

Busquets avait lui dédicacé son maillot pour celui que certains nomment « Le Maestro » à Santander.

Sans oublier la Johan Cruyff Foundation qui lui a remis le prix de « l’entraîneur le plus cruyffiste de l’année » en 2018. 

Même s’il est très agréable de retrouver un entraîneur qui aime le jeu à la tête du Barça, on peut aussi se demander si Setién pourra maîtriser un vestiaire rempli de stars qui semblaient apprécier le rythme de sénateurs impulsé ces deux dernières années par Ernesto Valverde

Une chose est sûre, son fort caractère pourra l’aider dans cette tâche.

Ses premières déclarations laissent aussi penser que l’ancien du Betis cherchera à remettre de la concurrence parmi ses hommes. 

L’occasion aussi de faire jouer des canteranos. Ses premier entraînement ont déjà vu Riqui Puig arriver dans l’équipe A, ainsi que d’autres jeunes évoluant normalement avec l’équipe B ainsi que des Juvenils.

Setién peut donc faire progresser beaucoup de joueurs au Barça et réenchanter les supporters. 

Son contrat est court jusqu’en juin 2022 avec possibilité de le résilier à chaque fin de saison (l’arrivée des élections se fait pressentir). 

Quique Setién qui rejoint le Barça, c’est donc une belle histoire.

L’histoire d’un homme fan absolu des principes de jeu prônés par le club. 

Un homme qui n’aura pas pu connaître l’enseignement de Johan Cruyff directement mais qui se rattrape en étant celui qui pourrait remettre les principes du mythique numéro 14 au centre de la tactique barcelonaise.

Setién a déjà au moins un mérite : en restant toujours fidèle à ses principes, il a pu gravir lentement mais sûrement les échelons. Il arrive aujourd’hui au sommet en devenant l’entraîneur du club qui l’a tant inspiré.

Faites nous rêver monsieur !

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Stanio

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3 Comments

  • […] Entre ces deux blessures, les choses ont bien changé. Ernesto Valverde n’est plus l’entraîneur, Quique Setién l’a remplacé et c’est bien Junior Firpo qui est pressenti pour substituer Alba durant son absence. Il faut dire que Setién et Firpo se connaissent bien. Junior a évolué deux saisons au Bétis sous les ordres du désormais nouvel entraîneur du Barça. (Lire aussi “Qui-es tu Quique ?” en cliquant ici.) […]

  • […] direction est donc allée chercher Quique Setién, un cruyffiste convaincu, pour tenter un retour aux […]

  • […] Nous vous dressions alors son portrait en soulignant que le Cantabre arrivait dans le club de ses rêves et allait s’efforcer de proposer du beau jeu. (lire l’article) […]

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