Le naufrage de Quique Setién

Il y a maintenant 5 mois, Quique Setién devenait l’entraîneur de l’équipe première du FC Barcelone.

Nous vous dressions alors son portrait en soulignant que le Cantabre arrivait dans le club de ses rêves et allait s’efforcer de proposer du beau jeu. (lire l’article)

Il est aujourd’hui temps de tirer un premier bilan, qui risque aussi d’être le dernier.

Un jeu encore très perfectible

Lors de son premier match à la tête du Barça (1-0 face à Grenade le 19 janvier), Setién paraissait déjà avoir ramené quelques principes du bon vieux temps. 

Possession, maîtrise, positions plus claires. L’espoir était permis.

Hélas, tout s’est très vite dilapidé. 

Le Barça a conservé ses mauvaises habitudes. Les matchs à l’extérieur sont toujours aussi pénibles et approximatifs que sous Ernesto Valverde

À domicile, les Catalans se montrent même moins brillants qu’en première partie de saison, où chaque match au Camp Nou était l’occasion de voir des valises de buts.

Le jeu est approximatif et pour cause : les mêmes hommes sont toujours sur le terrain, dans le même dispositif que sous Valverde

Pire, les compositions sont parfois ubuesques et donnent l’impression de vouloir uniquement contenter les cadres. Arturo Vidal est un rouage essentiel de l’équipe. 

Pendant ce temps, Riqui Puig (qui devait être le grand gagnant de l’arrivée de Setién) a dû patienter longtemps avant d’avoir sa chance et de montrer à quel point il pouvait apporter au jeu. Riqui Puig a été titularisé lors des deux dernières rencontres face à Vigo et l’Atlético. L’espoir est donc permis. 

Les principes de Setién paraissent aujourd’hui bien loin. 

Le Barça continue de jouer de façon monotone et ne produit que des actions stériles. Les buts catalans viennent, pour la plupart, de coups de pied arrêtés et de coups de génie de Lionel Messi. En bref, rien de nouveau.

Et pour cause, les principes que souhaitait appliquer Setién requièrent du courage, de la volonté et la capacité de bouger des cadres attachés à leur confort. 

Ce que Setién ne semble pas vouloir et/ou pouvoir faire. 

Pour ce qui est des résultats, le Barça de Setién a gagné 11 matchs, en a perdu 3 et a fait 4 matchs nuls. 

Un pourcentage de 61% de victoires semblable à celui d’Ernesto Valverde (62%).

Des résultats qui stagnent et un jeu toujours aussi brouillon : voici le bilan de Quique Setién.

La gestion désastreuse de l'effectif

Le dogmatisme de Setién l’a souvent amené à se mettre ses joueurs à dos après une ou deux saisons. 

Au Barça, il n’aura fallu que quelques mois pour que le divorce soit consumé. 

Les images de Messi boudant Setién lors d’une pause face au Celta Vigo, ainsi que les déclarations de Suárez après le match, ne l’illustrent que trop bien.

Il semblerait en revanche que ce ne soit pas son dogmatisme qui ait trahi Setién

L’ancien du Real Betis semble payer son manque de poigne sur un vestiaire qui a pris le dessus (une fois de plus) et qui ne semble pas franchement motivé à l’idée d’obéir à un technicien aussi peu expérimenté au plus haut niveau.

La gestion de l’effectif par Quique Setién ne risque pas d’inverser la tendance. Plutôt que d’oser prendre ses responsabilités face à des cadres capricieux, celui-ci préfère simuler le leadership en s’en prenant à des joueurs déjà fragilisés. Arthur Melo, depuis parti à la Juve, et Antoine Griezmann en ont fait les frais. 

Notons d’ailleurs la déclaration ridicule de Setién à l’encontre du Français (l’entraîneur barcelonais disant qu’il n’irait pas s’excuser auprès du Français pour sa gestion). 

L’Espagnol a donc totalement perdu le contrôle du vestiaire et de la situation. 

Ses relations avec les joueurs et sa maladresse en conférence de presse devraient le conduire à la fin de l’aventure dès la fin de saison. 

À l’opposé du comportement trop passif de Setién , Eder Sarabia n’a pas plus conquis les cœurs. Son attitude lors du Clasico l’avait déjà condamné à la défiance du vestiaire. 

Cette volonté de bouger des cadres apathiques pourrait plaire aux supporters barcelonais. Néanmoins, Sarabia a aussi démontré que derrière ses coups de gueules, il avait lui aussi beaucoup de difficultés à imprimer son empreinte sur ce groupe.

Et maintenant ?

Quique Setién a une saison à finir. Une fin qui sera sans doute pénible avec la Liga déjà presque perdue et la Ligue des Champions qui n’augure pas non plus des moments exceptionnels pour le FC Barcelone.

Les dernières nouvelles le donnent même licencié avant le Final 8 de la Ligue des Champions.

Setién partira donc probablement très bientôt. La visite des dirigeants ne doit pas l’inciter à l’optimisme. 

La question désormais est : qui le remplacera ?

Xavi ? Ce dernier s’est d’ores et déjà montré intéressé par le poste. Mais est-il assez mûr pour affronter un vestiaire décidé à imposer sa loi, et qui de plus est composé de nombre de ses anciens amis ?

Guardiola ? Le même problème se posera pour Pep qui reste malgré tout attaché à une génération qui semble aller sur la fin.

García Pimienta ? L’actuel entraîneur du Barça B ne rencontrera-t-il pas le même problème que Setién, à savoir un costume trop grand ? 

Le Barça semble donc avoir joué sa dernière carte. Quique Setién, cruyffiste qui n’avait rien à perdre, repartira en ayant laissé une impression d’inachevé. 

Après tout, en est-il vraiment responsable ?

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Stanio

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